Un cahier des charges n’a pas besoin de faire quarante pages. Il doit répondre clairement à quelques questions : à quoi sert le site, pour qui, avec quelles pages, quelles fonctions, quels contenus, quel budget et pour quand. Avec ce document, trois prestataires vous font trois devis comparables. Sans lui, chacun imagine un site différent, et le vôtre se précise en cours de route, à vos frais.
Ce guide vous donne un modèle à recopier, rubrique par rubrique, puis ce qu’il faut ajouter pour un site e-commerce, et les erreurs qui font le plus souvent déraper un projet.
À quoi sert un cahier des charges
- Obtenir des devis comparables : tous les prestataires chiffrent le même projet.
- Penser avant de dépenser : écrire ce que le site doit faire oblige à trancher ce qui compte vraiment.
- Éviter les malentendus : ce qui est écrit a été demandé, ce qui ne l’est pas reste à discuter.
- Vérifier le travail à la livraison : le site fait-il ce que le document décrit ?
Il ne s’agit pas d’écrire la solution technique à la place du prestataire, mais de décrire votre besoin le plus précisément possible.
Le modèle, à recopier
Recopiez les rubriques ci-dessous dans un document, et répondez aux questions avec vos mots. Une réponse courte vaut mieux qu’une rubrique vide. Pour un site vitrine, l’ensemble tient en deux à quatre pages.
1. L’entreprise et le projet
- Votre activité, en trois phrases : ce que vous faites, pour qui, où.
- Le contexte : création d’un premier site, refonte, nouvelle activité.
- Si un site existe : son adresse, ce qui ne va plus, ce qui fonctionne et doit rester.
- La personne qui suit le projet et valide chez vous.
2. Les objectifs
- Ce que le site doit vous apporter : des appels, des demandes de devis, des rendez-vous, des ventes, des candidatures.
- Comment vous le mesurerez : nombre de demandes par mois, ventes, inscriptions.
- Les recherches sur lesquelles vous voulez être trouvé : votre métier, vos services, votre ville.
3. Les publics
- Qui sont vos clients : particuliers, entreprises, collectivités ; leur âge, leur métier, leur zone.
- Ce qu’ils cherchent en arrivant, et les questions qu’ils vous posent toujours.
- Sur quel appareil ils viennent le plus : téléphone ou ordinateur.
4. Les pages
- La liste des pages, avec leur rôle en une ligne : accueil, une page par service, réalisations, avis, à propos, contact, pages légales.
- Les pages les plus importantes, celles qui doivent amener des demandes.
- Les langues du site.
5. Les fonctions
- Formulaire de contact ou de devis, et l’adresse où il doit arriver.
- Prise de rendez-vous en ligne, réservation, paiement.
- Espace client, téléchargement de documents, actualités, carte, avis.
- Les connexions à vos outils : agenda, logiciel de gestion, de caisse, de facturation, d’e-mailing.
- Pour chaque fonction : indispensable dès le départ, ou utile plus tard.
6. Les contenus
- Qui écrit les textes : vous, le prestataire, ou les deux.
- Les photos et vidéos disponibles, et celles à produire.
- Le logo et la charte graphique, s’ils existent.
- Les documents à mettre en ligne : tarifs, plaquettes, fiches techniques.
7. L’apparence
- Deux ou trois sites que vous aimez, et pourquoi ; deux ou trois que vous n’aimez pas.
- L’impression que le site doit laisser : rassurant, haut de gamme, chaleureux, technique.
- Vos couleurs et vos polices, s’il y en a.
8. La technique et l’hébergement
- Votre nom de domaine : existe-t-il, à quel nom est-il enregistré, qui y a accès ?
- L’hébergement actuel, les adresses e-mail liées au domaine.
- Voulez-vous modifier le site vous-même ? Quelles parties ?
- Une préférence d’outil, s’il y en a une, et pourquoi. Notre guide WordPress, Wix, Shopify ou sur mesure aide à trancher.
9. Le référencement
- Les services et les villes sur lesquels vous voulez apparaître.
- En cas de refonte : la liste des pages actuelles qui reçoivent des visites, pour les garder ou les rediriger une à une.
- Votre fiche d’établissement Google, si vous en avez une.
10. Le légal et les données personnelles
- Les informations des mentions légales : raison sociale, SIRET, adresse, responsable de la publication.
- Les données que le site collecte (formulaires, comptes, commandes), et qui les reçoit.
- Les outils de mesure d’audience ou de publicité souhaités, qui demandent un bandeau de consentement.
11. Le budget et le calendrier
- Votre budget, même en fourchette : il permet au prestataire de proposer ce qui tient dedans, plutôt que de deviner.
- La date de mise en ligne souhaitée, et ce qui la rend importante : une ouverture, un salon, une saison.
- Vos disponibilités pour les validations.
12. La livraison et la suite
- Ce qui doit être vérifié avant d’accepter le site : pages, formulaires, affichage sur téléphone, vitesse.
- La prise en main dont vous avez besoin.
- L’entretien après la mise en ligne : mises à jour, sauvegardes, sécurité, retouches, et qui s’en charge.
- Ce qui doit vous être remis : le code, les accès, le nom de domaine à votre nom.
La version e-commerce : ce qu’il faut ajouter
Une boutique en ligne demande les douze rubriques ci-dessus, plus celles-ci. C’est là que se cachent les coûts imprévus.
Le catalogue
- Nombre de produits aujourd’hui et dans un an, nombre de catégories.
- Déclinaisons : tailles, couleurs, contenances, et le nombre de combinaisons.
- D’où viennent les fiches : saisie, import d’un fichier, reprise d’une ancienne boutique, flux d’un fournisseur.
- Ce que contient une fiche produit : photos, description, composition, guide des tailles, documents.
Les prix, la TVA et les promotions
- Prix hors taxes ou toutes taxes comprises, taux de TVA par produit.
- Ventes à l’étranger : au-delà de 10 000 € de ventes à distance par an à des particuliers d’autres pays de l’Union européenne, la TVA du pays de l’acheteur s’applique, déclarée par le guichet unique (OSS).
- Codes promotionnels, soldes, prix par quantité, prix réservés aux professionnels.
Le paiement
- Les moyens acceptés : carte, virement, paiement en plusieurs fois, portefeuilles du téléphone.
- Le prestataire de paiement, ses frais, et l’authentification forte du payeur exigée en Europe.
La livraison
- Les transporteurs, les zones desservies, le calcul des frais (poids, montant, forfait), la livraison offerte à partir d’un montant.
- Le retrait en magasin, la livraison locale.
- Les délais d’expédition annoncés.
Les stocks et les commandes
- Qui gère le stock, et doit-il se synchroniser avec une caisse ou un logiciel de gestion ?
- Les étapes d’une commande et les e-mails envoyés au client à chacune.
- Les factures : numérotation, mentions, envoi. Si vous vendez aussi à des entreprises, la facture électronique s’impose par étapes : notre guide sur la digitalisation des TPE donne les dates.
Les clients
- Commande avec ou sans compte, espace client, historique, factures téléchargeables.
- Conditions générales de vente, droit de rétractation de quatorze jours pour les particuliers, formulaire de retour.
- Avis produits, liste de souhaits, newsletter.
Les volumes et la reprise
- Nombre de commandes par jour, et les pics : soldes, fêtes, rentrée.
- En cas de refonte : produits, clients, commandes et adresses des pages à reprendre, avec les redirections.
Deux sujets méritent leur propre lecture avant de rédiger : la conformité RGPD d’une boutique et la sécurité d’un site e-commerce.
Les erreurs qui font déraper un projet
- Écrire la solution au lieu du besoin. « Je veux tel thème avec telle extension » ferme la porte à une solution plus simple ; « je veux que mes clients réservent un créneau et paient un acompte » laisse le prestataire proposer.
- Tout mettre en priorité. Classez chaque fonction : indispensable au lancement, utile plus tard, ou agréable. Le premier lot sera livré plus vite et moins cher.
- Oublier les contenus. Un site sans textes ni photos n’est pas un site. C’est la première cause de retard.
- Taire le budget. Sans fourchette, les devis vont du simple au décuple et ne se comparent pas.
- Oublier la livraison et la suite : ce qui sera vérifié, ce qui sera remis, qui entretiendra le site.
- En refonte, oublier les anciennes adresses, et perdre le référencement acquis.
Du cahier des charges au devis
Envoyez le même document à chaque prestataire, puis comparez leurs réponses ligne par ligne. Notre guide sur le devis de site internet montre un devis complet et donne une grille pour comparer.
Un cahier des charges devient contractuel s’il est annexé au devis ou au contrat signé. Si le vôtre a beaucoup changé pendant les échanges, demandez que la version finale y soit jointe.
Chez nous
Pour un site vitrine ou une boutique, nous construisons ce document avec vous au premier échange : la liste des pages et des fonctions se décide avant la maquette, et le devis la reprend ligne à ligne. Pour un logiciel ou une application sur mesure, le cahier des charges est le livrable du cadrage : un document écrit et des maquettes cliquables pour 1 490 € HT, exploitable avec n’importe quel prestataire.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges de site internet ?
C’est le document qui décrit le site à réaliser : à quoi il sert, pour qui, avec quelles pages, quelles fonctions, quels contenus, quel budget et pour quelle date. Il permet d’obtenir des devis comparables et de vérifier le site à la livraison.
Qui doit rédiger le cahier des charges ?
Vous, puisque c’est votre besoin qu’il décrit, éventuellement avec l’aide d’un prestataire. Si un prestataire le rédige pour vous, vérifiez qu’il décrit votre besoin et non sa solution habituelle.
Combien de pages doit faire un cahier des charges ?
Deux à quatre pages suffisent pour un site vitrine, un peu plus pour une boutique ou un site avec des fonctions particulières. Ce qui compte, c’est que chaque rubrique ait une réponse claire.
Faut-il un cahier des charges pour un petit site vitrine ?
Pas forcément un document formel, mais les réponses aux questions du modèle : objectifs, pages, contenus, budget, date. Elles tiennent en une page et évitent la plupart des malentendus.
Que doit contenir le cahier des charges d’un site e-commerce ?
En plus des rubriques d’un site vitrine : le catalogue et ses déclinaisons, les prix et la TVA, le paiement, la livraison, les stocks, les commandes et les factures, les comptes clients, les retours, les volumes attendus et, en refonte, la reprise des données et des adresses.
Le cahier des charges est-il un document contractuel ?
Il le devient s’il est annexé au devis ou au contrat signé. Sinon, c’est le devis qui fait foi : vérifiez qu’il reprend bien ce que décrit votre cahier des charges.
Vous avez rempli le modèle, même à moitié ? Envoyez-le-nous : nous vous répondons avec un devis à prix fixe et une date de mise en ligne, ou avec les questions qu’il reste à trancher.