Le site d’un cabinet d’avocats n’est pas un site vitrine comme les autres. Il doit convaincre quelqu’un qui cherche souvent dans l’urgence (un licenciement, une séparation, une garde à vue, un litige avec un fournisseur), et il doit le faire dans le cadre de la déontologie : nom de domaine, mentions, spécialisations, publicité, tout est encadré par le Règlement intérieur national de la profession d’avocat (RIN).
Ce guide réunit ce que le RIN impose à votre site, les pages qui font venir des clients, ce qu’il faut savoir pour être trouvé dans votre ville, comment refondre un site ancien sans perdre ses articles, et ce que cela coûte chez nous.
Un avertissement d’abord : nous ne sommes pas avocats. Les règles ci-dessous sont tirées de l’article 10 du RIN, dans sa version consolidée de juillet 2026 publiée par le Conseil national des barreaux. Votre Ordre reste votre interlocuteur, et peut préciser leur application.
Ce que la déontologie impose à votre site
Informer l’Ordre
L’avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site internet doit en informer le conseil de l’Ordre sans délai, et lui communiquer les noms de domaine qui y mènent (RIN, article 10.5). Plus largement, toute publicité doit être communiquée sans délai au conseil de l’Ordre (article 10.3). Une refonte complète entre dans ce cas : prévoyez ce courrier dans le calendrier de mise en ligne.
Le nom de domaine
C’est la règle la plus souvent ignorée. Le nom de domaine doit comporter le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement suivi ou précédé du mot « avocat ». Les noms de domaine qui évoquent de façon générique le titre d’avocat, un domaine du droit ou une activité de l’avocat sont interdits (article 10.5).
- Possible :
dupont-avocat.fr,avocat-dupont.fr,cabinet-dupont-martin.fr. - Interdit :
avocat-divorce-chambery.fr,droit-du-travail-savoie.fr.
Le référencement n’en souffre pas : Google accorde peu de poids aux mots du nom de domaine, et beaucoup au contenu des pages.
Ce que chaque page doit permettre
Dans toute communication, l’avocat doit faire état de sa qualité et permettre de l’identifier, le localiser, le joindre, de connaître le barreau auquel il est inscrit, la structure d’exercice à laquelle il appartient et, le cas échéant, le réseau dont il est membre (article 10.2). Sur un site, cela tient dans l’en-tête, le pied de page et la page du cabinet.
À cela s’ajoutent les mentions légales de tout site professionnel, avec, pour une profession réglementée, le titre professionnel, l’Ordre d’inscription et la référence aux règles professionnelles applicables.
Spécialisations et domaines d’activité
- Les mots « spécialiste », « spécialisé », « spécialité » ou « spécialisation » sont réservés à l’avocat titulaire du certificat correspondant, régulièrement obtenu et non invalidé (article 10.2).
- Vous pouvez afficher vos domaines d’activités dominantes, trois au plus, à condition qu’ils correspondent à une pratique effective et habituelle.
- Ces informations doivent correspondre à l’avocat personne physique, et leurs termes être transmis sans délai au conseil de l’Ordre.
Vous pouvez bien sûr présenter d’autres matières que vous traitez : la limite porte sur ce que vous revendiquez comme dominant.
Ce qui est interdit
Le RIN prohibe toute publicité mensongère ou trompeuse, toute mention comparative ou dénigrante, toute mention qui laisserait croire à une structure ou à une qualification inexistante, et toute référence à des fonctions sans lien avec la profession ou à des fonctions juridictionnelles (article 10.2). Le site ne peut comporter aucun encart ou bannière publicitaire autre que ceux de la profession, et l’avocat répond des liens qu’il publie : il doit visiter régulièrement les pages vers lesquelles ils mènent (article 10.5).
En pratique, oubliez les « meilleur avocat de Chambéry », les taux de réussite et les comparaisons avec d’autres cabinets.
Les pages d’un site de cabinet
L’accueil dit en dix secondes qui vous êtes, où vous exercez, dans quelles matières, et comment vous joindre. Le bouton de contact est visible sans faire défiler la page sur téléphone.
Le cabinet et ses avocats : une photo, le parcours, le barreau, les langues parlées, les certificats de spécialisation s’il y en a.
Une page par domaine d’intervention. C’est la page qui sera trouvée sur Google. Elle décrit les situations que vous traitez, la façon dont vous procédez, les documents à préparer pour un premier rendez-vous, et répond aux questions qu’on vous pose toujours.
Les honoraires. Le mode de calcul (forfait, temps passé, honoraire de résultat en complément), la première consultation, l’aide juridictionnelle si vous l’acceptez. Depuis 2015, sauf urgence, force majeure ou aide juridictionnelle totale, l’avocat conclut une convention d’honoraires écrite avec son client : le dire rassure.
Le contact et la prise de rendez-vous : téléphone, formulaire, adresse et plan, horaires, rendez-vous en visio si vous en proposez.
Des articles, si vous avez le temps d’en écrire : une réponse claire à une question fréquente (« Que faire après un licenciement pour faute grave ? ») est souvent la page qui amène le plus de visites.
Les pages légales : mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies.
Le formulaire de contact n’est pas un détail
Le premier message d’un client contient souvent des informations sensibles. Le secret professionnel commence avant la première consultation :
- demandez le minimum : nom, moyen de contact, matière, disponibilités ;
- prévenez sous le formulaire : « Ne décrivez pas votre dossier en détail ici, nous en parlerons lors du rendez-vous » ;
- chiffrez le site (HTTPS) et faites arriver les messages dans une boîte du cabinet, pas dans un outil tiers ;
- hébergez le site en Europe, et dites où dans la politique de confidentialité ;
- pas de traceurs publicitaires sans consentement, et aucun sur les pages de contact.
Être trouvé : le référencement d’un cabinet
Les clients ne cherchent pas « avocat ». Ils cherchent une matière et une ville : « avocat droit du travail Chambéry », « avocat divorce Aix-les-Bains », « avocat bail commercial Savoie ». Trois leviers comptent.
- Une page par matière, avec la matière et la ville dans son titre, et un contenu qui répond vraiment à la situation du client.
- La fiche d’établissement Google du cabinet, complète : catégorie, horaires, photos, lien vers le site, avis. Si une catégorie proposée par Google contient « spécialisé » ou « spécialiste », vérifiez que vous détenez le certificat correspondant avant de la choisir. Notre guide sur la fiche d’établissement Google détaille les réglages.
- Les mêmes coordonnées partout : site, fiche Google, annuaires de la profession.
Un point propre aux avocats : répondre à un avis Google. Une réponse ne doit jamais confirmer que l’auteur est votre client, ni évoquer son dossier. Une réponse courte, courtoise et générale protège le secret professionnel.
Refondre le site d’un cabinet sans perdre ses articles
Beaucoup de cabinets ont un site WordPress de plusieurs années, riche en articles, que personne n’entretient plus. Ces articles sont souvent ce qui amène les visites : une refonte qui les perd, ou qui change leurs adresses sans redirection, fait chuter le référencement.
C’est le cas d’un cabinet d’avocats pour lequel nous sommes intervenus en août 2026. Des morceaux de code s’affichaient au milieu de ses articles. Après une sauvegarde complète, nous avons cherché la cause sur une copie du site, désactivé les deux scripts en cause et remis au cabinet un rapport daté, avec l’inventaire des 132 articles à réparer. Le cabinet a noté la mission 5 sur 5 sur Codeur : « prestataire brillant ».
Une refonte de site de cabinet suit la même méthode :
- inventaire de toutes les pages et de tous les articles, avec leurs adresses ;
- sauvegarde complète et travail sur une copie, jamais sur le site en ligne ;
- adresses conservées, ou redirigées une à une ;
- vérification de chaque page au regard du RIN : domaines dominants, spécialisations, mentions ;
- information de l’Ordre à la mise en ligne, puisqu’il s’agit d’une modification substantielle.
Combien coûte le site d’un cabinet d’avocats
Nos prix sont publiés et fixes, hors taxes :
| Projet | Ce qu’il comprend le plus souvent | Prix |
|---|---|---|
| Site essentiel, une à cinq pages | accueil, cabinet, un ou deux domaines, honoraires, contact | 1 290 €, livré en trois semaines |
| Site vitrine, six à douze pages | une page par domaine d’intervention, avocats, honoraires, articles | 2 490 €, en quatre à six semaines |
| Refonte d’un site existant | inventaire, sauvegarde, adresses conservées, contenus repris | dès 2 490 € |
| Diagnostic d’un site existant | vitesse, sécurité, référencement, contenus, plan chiffré | 190 €, déduits du projet |
Chaque création de site comprend les textes rédigés avec vous, la maquette validée avant le développement, l’affichage rapide sur téléphone, le référencement de base, le formulaire de contact, les pages légales et une heure de prise en main. Le nom de domaine, le code et les accès sont remis à votre nom. Les délais courent à partir de la validation de la maquette et des contenus.
La liste à vérifier avant la mise en ligne
- Le conseil de l’Ordre est informé, noms de domaine compris.
- Le nom de domaine comporte votre nom ou celui du cabinet.
- Chaque page permet de vous identifier, vous joindre, et connaître votre barreau et votre structure d’exercice.
- « Spécialiste » n’apparaît qu’avec le certificat correspondant.
- Trois domaines d’activités dominantes au plus.
- Aucune mention comparative, aucun taux de réussite, aucune bannière publicitaire.
- Les liens externes ont été vérifiés.
- Le formulaire demande le minimum et prévient de ne pas détailler le dossier.
- Mentions légales, confidentialité et cookies sont en place.
- Le site est déclaré dans la Search Console, et la fiche Google renvoie vers lui.
Combien coûte un site internet pour un avocat ?
Chez WS Agency, 1 290 € HT pour un site essentiel d’une à cinq pages et 2 490 € HT pour un site vitrine de six à douze pages, prix fixes. La refonte d’un site existant coûte dès 2 490 € HT. Le nom de domaine et l’hébergement s’ajoutent chaque année.
Faut-il déclarer son site internet à l’Ordre des avocats ?
Oui. Selon l’article 10.5 du RIN, l’avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site doit en informer le conseil de l’Ordre sans délai et lui communiquer les noms de domaine qui y mènent.
Quel nom de domaine choisir pour un cabinet d’avocats ?
Un nom de domaine qui comporte le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement avec le mot « avocat ». Les noms génériques qui évoquent un domaine du droit ou le titre d’avocat sont interdits par le RIN.
Un avocat peut-il écrire « spécialiste » sur son site ?
Seulement s’il est titulaire du certificat de spécialisation correspondant, régulièrement obtenu et non invalidé. Sans certificat, il peut présenter jusqu’à trois domaines d’activités dominantes, issus d’une pratique effective et habituelle.
Un avocat peut-il faire de la publicité sur Google ?
Le RIN permet la publicité si elle procure une information sincère sur la nature des prestations et respecte les principes essentiels de la profession. Toute publicité doit être communiquée sans délai au conseil de l’Ordre.
Comment un avocat doit-il répondre à un avis Google ?
Brièvement et courtoisement, sans jamais confirmer que l’auteur est un client ni évoquer un dossier : le secret professionnel s’applique aussi aux réponses publiques.
Combien de temps faut-il pour créer le site d’un cabinet ?
Trois semaines pour un site essentiel, quatre à six semaines pour un site vitrine, à partir de la validation de la maquette et des contenus. Prévoyez aussi le temps de relecture des textes par les avocats du cabinet.
Vous créez votre cabinet, ou votre site actuel ne vous ressemble plus ? Parlons de votre projet : nous vous répondons dans l’heure ouvrée, avec un prix fixe et une date. Si vous avez déjà un site, commencez par le diagnostic à 190 € HT.